Face au silence

Publié le par Noéline Ramarga

Face au silence

 

Regarde. Tu ne vois rien? REGARDE! Pourquoi ne vois-tu rien?

Te rappelles-tu la dernière fois que je t'ai dit que j'avais mal? Quand m'as tu vu pleurer pour la dernière fois? T'en souviens-tu seulement?

 

Il y a toutes ces choses qu'on ne dit pas. On ne les dit tellement pas qu'on finirai presque par les oublier. Mais elles reviennent comme des petites aiguilles, qui piquent, piquent, piquent encore. On a le coeur lourd, et on ne sait pas pourquoi. On ne se sent pas bien, on est fatigué, et on ne sait pas pourquoi.

Et un jour, quelqu'un vous pose une question. Et tout vous revient. Comme une claque. Le temps de s'en remettre, la question est passée, et on ne sait plus à qui s'adresser.

 

Regarde, encore. Regarde-moi. Une dernière fois. Cette fois, je te laisserai partir, comme je l'ai déjà fait. Mais je serai maître de la situation, je ne me laisserai pas souffrir. Regarde. Regarde-moi.

 

Les larmes ont coulé hier. Enfin. Je venais juste d'écrire qu'elles ne me rendaient plus visite (ici). Il a suffit que je les appelle pour qu'elles me reviennent. Elles ne sont pas restées longtemps, mais ce que ça fait du bien de les avoir senties, sur mes joues, rouler vers une mer inconnue. Elles étaient jolies, douces, légèrement salées. Je les ai déposées dans un endroit secret, connu que d'Elle et moi. Elle, ma vie, ma flamme.

 

Regarde, vois tout ce que je ne te montre pas, parce-que j'ai peur que tu ne me regarde plus. Quel paradoxe. Cacher ce qu'on veut montrer, passer inaperçue. La petite fille sage qui sourit tout le temps. Bientôt fini. Ce temps, je vais le tuer, de mes mains, de mes mots, de ma bouche. Ou c'est moi qui meurt. Cette solution n'est pas envisageable. Même si j'ai vu la voiture freiner, la mienne rentrer dedans, ma poitrine heurter le volant. Je me suis vue le visage en sang, le tout en une fraction de seconde.

J'ai mal au bras. Je n'ai jamais eu d'accident.

 

Regarde. Tu crois que tu vas t'en tirer? Tu crois vraiment que ta vie se déroulera sans encombre, jusqu'à la fin? Oui, peut-être. Mais la fin sera proche. Tu crois que je mens? Oui, c'est vrai. Je me suis mentie pendant des années. Mais c'est fini.

Regarde, encore. Regarde mes yeux, ils en disent tellement long. Je te déteste. Tu ne gagnera pas.

 

Regardez.

Regardez autour de vous.

Regardez ce que les gens ne disent pas.

Les silences ne meurent pas. Ils restent là, fantômes traversant le temps, se moquant des années, des distances, de nous.  

 

Nous ne sommes rien face au silence.

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Publié dans Des maux aux mots

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Commenter cet article
C
<br /> <br /> si je peux me permettre, quelques lignes écrites ailleurs...<br /> <br /> "de l'importance du rythme<br /> sur le ring de mes émotions, je devine l'importance du rythme,<br /> et je le laisse guider les croches, pauses, doubles croches, noires et blanches<br /> qui font résonner les silences en un écho d'étrange solitude..."<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> C'est très joli! Merci du partage!<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> Je suis d'accord cependant le silence parfois ça fait du bien...A+<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Ca dépend lequel...<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> J'ai lu un jour un texte qui clamait que "le silence est un cri qui tue", c'est tellement vrai...<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Très jolie phrase, je la note!<br /> <br /> <br /> Merci Magalie<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> <br /> Hurlons donc avec notre poing levé ! <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Si seulement...<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> <br /> Le silence est une torture plus grande que tous les fers rouges plaqués sur la peau nue. Douleur sourde. <br /> <br /> <br /> Envie de hurler... <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Hurlons donc par nos écrits<br /> <br /> <br /> <br />