Emission de Ruquier - Débat sur le nucléaire
16 Avril 2011
Faut-il avoir peur du nucléaire?
Un scientifique, un journaliste, une émission travaillée, des chroniqueurs, un présentateur.
Je me laisse embarquer par les arguments de chacun. Il m'arrive d'être d'accord avec l'un, puis d'accord avec l'autre et parfois même de m'apercevoir que ces avis sont contradictoires. J'ai l'impression de retourner en philo, quand on avait deux textes en totale opposition mais avec lesquels je disais "oui, il n'a pas tort". Je n'ai donc pas d'avis?
Ou est-ce que c'est parce-que je n'y trouve pas là un grand intérêt pour ma vie? Résumons. J'ai passé deux bonnes heures dans la salle de bain ce matin à me pouponner, mangé en famille ce midi, passé mon après-midi avec mes meilleures amies, remangé en famille ce soir, travaillé un peu ma génétique pour mon concours qui approche. Est-ce qu'à un moment donné je me suis dit que la centrale de St-Laurent allait exploser pile quand je passerai en train à côté? Non! Même quand je regarde la jolie fumée blanche qui sort de la tour, je ne me le demande pas! Je me demande plutôt si j'ai un jour cru que les nuages sortaient des centrales (comme on m'a fait croire beaucoup de choses quand j'étais petite...)
Alors non, je n'ai pas "peur" du nucléaire! J'ai peur de ne pas avoir mon concours, j'ai peur de m'être garrée trop près de la voiture rouge et qu'elle appartienne à un bourrin qui va me rayer la peinture en cognant sa portière contre la mienne, j'ai peur de mourir et de laisser ceux que j'aime ici, j'ai peur de ne pas revoir les gens à qui je n'ai pas dit tout ce que j'ai à dire, j'ai peur de moi parfois, j'ai peur de ne jamais avoir d'enfants, j'ai peur de ne pas avoir la bourse l'an prochain, j'ai peur de me perdre en allant dans le sud cet été, j'ai peur de ne pas faire tout ce que je veux faire, j'ai peur des araignées et de me faire piquer par une abeille.
J'ai peur de tellement de choses, alors si en plus je dois avoir peur du nucléaire.
Et ce n'est pas le seul exemple. Vous vous demandez, vous, si on ne nous cache pas que dans deux heures trente-huit minutes quarante-deux secondes et vingt-trois centièmes un astéroïde va nous tomber dessus et souffler toute vie sur Terre? Ou si les extra-terrestres se diront "tous des cons, détruit-moi ça"?
Ca m'arrive parfois, mais pas plus d'une fois tout les six mois. Après, faut consulter.
Alors bien sûr que les débats sont importants, je ne dit pas le contraire. Mais ils entreront dans nos vies quand on cessera de poser des questions qui nous mortifient l'esprit, nous, pauvres citoyens ignorants que nous sommes.
Nous ne cherchons pas à savoir car nous trouvons bien plus important de savoir si l'élu du coeur voudra bien de nous. Et quand il n'y en a pas, on se demande où il est.
Nous ne cherchons pas à savoir car nous ne voulons pas savoir. (Nous? Je?)
Nous ne cherchons pas à savoir car on ne nous en donne pas les moyens (On : l'état, l'éducation, les boîtes à profits, les journalistes... liste non exhaustive).
Et puis même, admettons, nous savons de quoi nous parlons exactement, le monde en serait-il meilleur? Sûrement pas, on nous renverrait à notre rang de pauvre citoyen savant qui n'a le droit que de vivre sa petite vie.
Mais il y a pire, non?